Venise, la belle sortie des eaux, se met aux algues vertes.

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la Cité des Doges, capitale de la région de la Vénétie, est une ville du nord-est de l'Italie.

Événement :

Le port de Venise a décidé de devenir un port vert en utilisant une énergie propre.

Il s’agira de la première centrale aux algues du genre en Italie, et l’une des trois premières en Europe. L’unité devrait être mise en service d’ici 2012. Elle offrira alors une puissance électrique de 40 MW, et sera ensuite complétée par une centrale photovoltaïque de 32 MW.

Les algues seront cultivées en laboratoire, et placées dans des cylindres en plastique, dans lesquels l’eau, le dioxyde de carbone et le soleil alimenteront le processus de photosynthèse. La biomasse, ainsi cultivée, sera traitée pour produire du carburant et alimenter des turbines. Le dioxyde de carbone produit au cours du processus sera utilisé pour l’alimentation des algues.

A noter :

« La lagune est le site idéal pour cette nouvelle technologie expérimentale », a commenté le président du port de Venise, Paolo Costa, soulignant qu’aucune atteinte ne sera portée à l’écosystème et que le fragile équilibre écologique du site sera préservé.

Ce projet, plutôt original, aura pour ambition de produire l’électricité du port de Venise, à l’aide d’une centrale alimentée par des algues. Objectif : disposer d’ici deux ans d’une autonomie énergétique totale grâce à l’énergie renouvelable.

La technologie :

La centrale aux algues est une technologie développée par Solena Group, qui s’investira pour le coup, en deux parties : d’une part, produire des algues, selon le procédé de la société espagnole BioFuel Systems, et d’autre part, apporter une technologie permettant de gazéifier cette biomasse afin d’en tirer de l’électricité. La technologie appartient au groupe espagnol Solena Group, qui utilise des turbines General Electric.

Le procédé :

Concrètement, les microalgues destinées à produire de la biomasse seront élevées en laboratoire. Cette biomasse sera soumise à une technique de gazéification pour obtenir un mélange d’hydrogène et de monoxyde de carbone, énergie qui alimentera les turbines construites par General Electric pour produire l’électricité. Le CO2 rejeté par cette centrale sera totalement réutilisé dans le processus de croissance des algues.

Le CO2 rejeté par cette centrale sera totalement réutilisé dans le processus de croissance des algues.

Le potentiel :

Pour Jacques Degroote, ingénieur agronome et dirigeant d’Heliogreen, société d’ingénierie spécialisée en algoculture industrielle, le projet vénitien est prometteur mais ne doit pas susciter un emballement trop rapide. « Les microalgues fascinent parce que leur potentiel, en chimie, dans l’agroalimentaire et dans la production de carburants est énorme », souligne-t-il. En effet, prises séparément, toutes ces technologies sont abouties.

« Mais les allier toutes ensemble est une première. Il ne faut pas trop s’avancer sur les rendements. Si la consommation du port de Venise est de 7 MW, la centrale pourra certainement les couvrir. Mais je ne pense pas que la ville entière puisse fonctionner à court terme aux microalgues », poursuit Jacques Degroote.

L’avenir :

Grâce à cette centrale électrique, alimentée par des algues, la ville de Venise classée au patrimoine de l’Unesco, pourrait produire une électricité non polluante. L’usine qui devrait entrer en activité dès 2012, sera la première de cette importance. Les entreprises partenaires du projet, BioFuel Systems et Solena Group, annoncent une production de 40 mégawatts par an, de quoi éclairer environ la moitié du centre historique de la ville.

Si la technologie prouve son efficacité, elle pourrait être mise en œuvre dans d’autres ports italiens, à Trieste, Ravenne et Capo d’Istria.

Vidéo :  Venise, l’un des plus prestigieux États européens.

A savoir :

Chapeautée par une entreprise du nom d’Enalg, la construction de la centrale électrique de dix à douze hectares sera installée sur une zone industrielle en mal de reconversion à Porto Marghera, dans la lagune, et coûtera environ 200 millions d’euros. Selon un bulletin électronique publié par l’ambassade de France en Italie, la société propriétaire du brevet de transformation des algues en biogaz est américaine et s’appelle Solena.

Cette entreprise spécialisée en bioénergie, dont le siège social est basé à Washington, œuvre également à la mise au point d’un biocarburant pour les avions de l’armée de l’air américaine, et est membre du National Council for Science and the Environment.

Actualité  :

Le carnaval de Venise du 6 au 16 février 2010 :

Le carnaval, tombé en désuétude pendant des décennies, mais remis au goût du jour par la municipalité en 1980, propose cette année un large éventail d’activités, allant du « carnaval des enfants » au « jardin de la créativité » (programme complet sur www.carnevale-venezia.it).

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