Pelamis Wave Power, signe le plus important projet d’houlomoteur d’Europe.

2
2357
L’avantage de l’énergie houlomotrice sur l’énergie éolienne, c’est qu’elle est prévisible.

Historique :

Les Pelamis, nommé ainsi en référence au monstre marin de la mythologie grecque, sont nés en Ecosse. Ils furent présentés pour la première fois en 2004, à Edimbourg, dont l’université est un bouillon de culture pour la recherche en électricité marine. La société Ocean Power Delivery (OPD) a su surfer sur la vague, en développant le concept. Après sa naissance dans les brumes écossaises, le «serpent» long de 170 mètres et composé de quatre cylindres, a été transporté par cargo, en trois voyages successifs vers le Portugal.

C’est donc au mois de Septembre 2008, que le Portugal a inauguré la première application commerciale du Pelamis. La première phase du projet comprenait 3 Pelamis d’ une puissance de 2,25 MW, déployés à près de 5 km des côtes, au large d’Aguçadoura, dans le nord du pays. L’investissement de cette première phase était de l’ordre de 9 millions d’euros.

Actualité 2010 :

Le développeur de la technologie écossaise, Pelamis Wave Power Ltd (PWP), vient de signer un accord de coopération avec le géant suédois de l’énergie, Vattenfall (quatrième plus grand producteur d’électricité d’Europe), en vue d’élaborer un projet d’énergie houlomotrice de 60 millions de livres en Ecosse.

Ce nouveau projet révolutionnaire, baptisé « Aegir », sera situé au large de la côte ouest des Iles Shetland et sera pourvu de 25 générateurs Pelamis P2, prévus pour fournir une puissance cumulée de 20 MW, soit l’équivalent de la fourniture d’électricité pour 9.000 ménages.

Si le permis de raccordement est accordé et si le câble sous-marin reliant les Shetland à l’Ecosse est délivré dans les temps, le groupe de production et de distribution d’électricité Vattenfall , espère une mise en service du système dès 2014.

Rappelons à titre d’exemple, que l’Ecosse a pour objectif de réduire d’environ 42% ses émissions de gaz d’ici à 2020, alors que l’Europe s’est engagée à un taux de 20%.

Vidéo présentation du Pelamis au large du Portugal.

Comment cela fonctionne :

Ce « serpent de mer » mécanique, qui produit de l’électricité à partir des vagues, est composé de quatre cylindres reliés par des articulations. Sa structure semi-émergée est positionnée dans la direction de propagation de la vague. Le mouvement des vagues agit dans chaque articulation, sur un vérin hydraulique ,qui envoie du fluide haute pression, vers une turbine, pour produire de l’électricité. L’énergie produite est envoyée, par l’intermédiaire d’un cordon ombilical, dans les fonds marins et ensuite acheminée à terre.

Un marché en plein essor :

Le marché européen de l’énergie houlomotrice est évalué à 40 milliards de livres sterling soit 49 milliards d’euros, et le marché mondial à environ dix fois plus. «Les Américains n’étant pas en pointe sur ce créneau, il y a une place à prendre pour l’Europe», considère Alain Clément, le génial inventeur du projet concurrent Searev (Système Electrique Autonome de Récupération de l’Energie des Vagues).

Vidéo présentation du Pelamis en action.

A savoir :

Trois Pelamis offrent une puissance de 2,25 MW (750kW chacun). Le convertisseur d’énergie Pelamis, est développé par la société écossaise Ocean Power Delivery.

Un convertisseur Pelamis génère 750 kW (ce qui représente la consommation de 500 foyers et un parc machine d’une surface de 1 km2), devrait délivrer assez d’énergie pour 20.000 foyers.

Avantage :
L’avantage de l’énergie houlomotrice sur l’énergie éolienne, c’est qu’elle est prévisible. La station du Pelamis peut enregistrer les données maritimes pour déterminer la force de la houle et ajuster la fourniture d’électricité sur le réseau en fonction de la capacité prévue. En plus, la mise en place ne demande pas de fondation, donc peu de frais d’installation, le Pelamis étant remorqué et amarré en mer. Sa mobilité permet une maintenance aisée (remorquage à terre).

Inconvénient :
Cette première réalisation concrète, est encouragée par le tarif de rachat instauré par le gouvernement portugais (24,5 centimes d’euros le kWh). Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui, l’énergie houlomotrice est encore, au moins, trois fois plus chère que l’éolien.

Visitez le site officiel du Pélamis : http://www.pelamiswave.com

2 COMMENTAIRES

  1. Excellent article bien détaillé!

    Je me suis toujours demandée comment ce genre d’engin pouvait fonctionner. Et il faut avouer, que ce n’est pas impactant sur le paysage.

  2. @Eolienne. Merci pour ce commentaire que je partagerais, si vous le voulez bien, avec tous ceux (journalistes, scientifiques, et passionnés), qui ont compris l’intérêt d’internet (communiquer et échanger, partager la connaissance et le savoir), et qui m’ont amené à rendre cet article attrayant, lisible, compréhensible, et surtout passionnant pour le commun des mortels que nous sommes. Au plaisir de vous relire.

    Alain Sheller

LAISSER UNE RÉPONSE

Votre commentaire
Votre nom