Paquebots de croisière : la sécurité face au gigantisme!

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Le Costa Concordia n'est pas le plus gros navire en mer. L'Allure of the Seas de 361 mètres de long d'une valeur estimée à 800 millions d'euros, embarque le double de passagers.

Au lendemain du naufrage du Costa Concordia, qu’en est-il de la sécurité des passagers à bord de ces villes flottantes paradisiaques, notamment en cas de grave incident? En croisière, on rencontre un grand nombre de personnes âgées ou en perte de mobilité; leur sécurité, ainsi que celle de tous les passagers, est primordiale, et cela quelle que soit la compagnie maritime.

Depuis le naufrage du Titanic survenu il y a presque 100 ans, un règlement maritime oblige tous les bateaux à avoir suffisamment de canots de sauvetage pour tous les passagers, y compris le personnel de la compagnie. Chacun des canots peut accueillir entre 100 et 200 personnes au minimum (selon la taille du navire), ils sont couverts et ont parfois deux étages. Ces canots sont répartis sur les deux côtés du bateau. De plus, il y a des caissons contenant des canots pneumatiques placés ici et là, sur le paquebot.

Par ailleurs, en vertu de ces règles, les paquebots doivent être équipés de gilets de sauvetage, de détecteurs de fumée, de gicleurs, de panneaux fluorescents, ou d’éclairage d’urgence au niveau du sol indiquant les parcours d’évacuation. Afin que les passagers sachent comment évacuer le paquebot en cas d’urgence, il y a, au début de chaque croisière, des exercices de simulation d’évacuation, auxquels les passagers et les membres d’équipage sont obligés de participer.

Peut-on  assurer la sécurité des passagers sur un aussi grand navire de croisière ?

Suite au naufrage du paquebot de croisière le Costa Concordia, Jean-Claude Gras, ancien commandant de bord du paquebot de croisière Le Mermoz (jumeau du Costa Concordia), explique à la journaliste Bénedicte Lutaud de Quoi.info, comment l’équipage doit assurer la sécurité des passagers à bord d’un aussi gros navire :

« Transporter 4 000 personnes à bord d’un paquebot, tel le Costa Concordia n’est-ce pas excessif ? Ces paquebots sont conçus selon des règles précises, le SOLAS (Safety of life At Sea). Du point de vue du matériel, des règles de sécurité, ou du nombre de passagers, à priori, tout était conforme au SOLAS. La seule chose à craindre, c’est la gestion d’une foule de gens en panique. Et ça, c’est difficile à prévoir et à gérer. »

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Exemple de canots de sauvetage qui équipent le MSC Fantasia.

L’équipage est-il préparé à assurer la sécurité des passagers en cas d’évacuation d’urgence du bateau ?

« Chaque semaine, l’équipage est tenu de faire des exercices en cas d’évacuation pour incendie, collision, naufrage. Quant aux passagers, après chaque nouvel embarquement, on leur fait faire un exercice d’abandon. Cet exercice leur explique quel est le canot et le gilet de sauvetage qui correspondent à leur cabine, et comment y accéder. Normalement, chacun doit savoir vers quel endroit se rendre en cas d’incendie. »

Comment faire pour évacuer plus de 4 000 personnes ?

« Tous les passagers sont rassemblés sur un pont spécial (ou un autre point de rassemblement prévu à cet effet, N.D.L.R.), et ils sont encadrés par des officiers, qui dirigeront ensuite les embarcations. Il y en a pour tout le monde. C’est plus le moment où l’on décide de déclencher le signal d’abandon qui est délicat. Là, il n’y a pas de règle précise. Personne ne sait jamais combien de temps il reste pour évacuer le navire. C’est très difficile à gérer dans l’action. Mais dans tous les cas, le commandant du navire est tenu « c’est la règle », de rester à bord tant que les passagers ne sont pas évacués. »

A noter :

Chaque paquebot de croisière moderne est équipé d’une double coque, de sondeurs, de radar anti-collision, et comme dans les avions de grande ligne, ils sont munis d’une boîte noire.

La sécurité des paquebots de croisière remise en cause.

A savoir :

Monsieur  Jacques Loiseau, président de l’Afcan (Association française des capitaines de navires), met en garde cette dérive vers le gigantisme, « car même dans les meilleures conditions, avec une telle taille, on ne saura jamais sauver tout le monde”. Avec ses 290 mètres de long, le “Concordia” pouvait accueillir jusqu’à 3 780 passagers. Ce qui nécessitait un équipage d’un millier de membres. Plus grands encore, d’autres bateaux, comme le « Oasis of the Seas » peuvent accueillir jusqu’à 6 000 passagers et 2 000 membres d’équipage. En mer, “on peut évacuer 10 ou 20 personnes grâce aux hélicoptères. Mais 2 000 ou 3 000 passagers, ça devient impossible” confirme-t-on à la Préfecture Maritime de l’Atlantique.

L’autre difficulté dans le cas du “Concordia” est la diversité des langues. Selon un serveur, l’équipage était composé de 20 nationalités. “L’équipage asiatique, pratiquement la moitié, parlait assez mal l’anglais et communiquait par signes”. La diversité des langues, « c’est un facteur déterminant dans les moments importants. Il faut avoir beaucoup d’entraînement pour surmonter cet obstacle », affirme M. Loiseau. “On a souvent du mal à trouver ses mots dans ces moments-là”. Contre-exemple, la compagnie Brittany Ferries n’engage que des équipages français, et cela pour des raisons de sécurité. Source du commentaire écrit: http://www.ledauphine.com

Pour conclure :

Concernant le naufrage du Costa Concordia, rappelons que c’est un fait exceptionnel, imprévisible, et que, dans ce genre de cas, le facteur humain est impondérable.

Source vidéo : Publiée sur Youtube, le 16 janv 2012 par BFMTV

4 COMMENTAIRES

  1. “Quant aux passagers, après chaque nouvel embarquement, on leur fait faire un exercice d’abandon. Cet exercice leur explique quel est le canot et le gilet de sauvetage qui correspondent à leur cabine, et comment y accéder. Normalement, chacun doit savoir vers quel endroit se rendre en cas d’incendie.” CE N EST PAS VRAI ! Nous on a eu l’exercice que le dernier jour. Comme les passagers descendent et montent à chaque escale, il devrait y avoir des exercices tous les jours.
    On nous a juste fait tous descendre à pied, avec nos gilets, pour nous comment il faut le mettre. Personne ne nous a dit où il faut aller en cas d’incendie, ni quel canot correspond à la cabine. De toutes façons en état de panique c’est pas le moment de chercher le N°, on prend le 1er canot c’est tout.

  2. « Chacun des canots peut accueillir entre 100 et 200 personnes au minimum (selon la taille du navire), ils sont couverts et ont parfois deux étages »!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    A vue d’œil, on peut mettre au maximum 50 personnes dans un canot du CC. Compter le nombre de canot et vous savez combien de personnes peuvent être sauvés….

  3. meme si on a le bon nombre de canots, on ne peut pas les descendre tous en même temps. C’est pour cela qu’on a plus de chance de sauver tout le monde sur un petit bateau que sur un géant. La lenteur de l’évacuation n’est pas toujours possible !! comment ont fait quand le bateau coule et qu’il faut faire vite ?

  4. @ Radeau, embarcation, brassière, un bateau doit bien évidemment en être équipé pour pouvoir évacuer le nombre de passagers qu’il transporte. L’évacuation d’un navire est généralement encadrée par des procédures strictes qui doivent être bien connues du personnel d’équipage, lequel doit également y être régulièrement entraîné. Mais la soudaineté de l’avarie peut malheureusement dégénérer très rapidement en catastrophe, et certains moyens d’évacuation sont plus ou moins accessibles en fonction des profils de passagers (personnes âgées,…). Prendre la bonne décision au bon moment, mais encore faut-il, pour cela, avoir une bonne conscience de la situation, et ce n’est malheureusement pas toujours le cas (naufrage du ferry au large de la Corée du Sud, le 16 avril dernier).

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