Naufrages de migrants : l’Australie conseille l’Union européenne de suivre son exemple.

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L’Australie, par la voix de son premier ministre, Tony Abbott, a violemment réagi lundi 9 mars aux critiques de l’Organisation des nations unies (ONU) envers la politique d’immigration de son pays.

 

Alors que ce jeudi les dirigeants de l’Union Européenne vont établir un plan d’action d’urgence face aux tragédies des migrants en méditerranée, lors d’un sommet extraordinaire, Tony Abbott, premier ministre de l’Australie, qui a mis en place une opération appelée « Frontières souveraines » dès son arrivée au pouvoir en septembre 2013, défend la solution radicale adoptée par son pays, et a conseillé mardi 21 avril l’Union européenne de suivre son exemple. De quoi s’agit-il?

Plus aucun boat people, bateau portant à son bord des migrants, la plupart originaire du Sri Lanka, d’Iran, d’Irak, d’Afghanistan ou du Vietnam, n’est désormais accepté dans les eaux territoriales. Une politique très stricte assurée par l’aide musclée de l’armée, que l’Australie revendique elle-même comme « la plus dure jamais mise en place en matière de protection des frontières ».

A méthode radicale, résultat radical :

zéro arrivée maritime illégale enregistrée sur le sol australien ces derniers mois, selon les chiffres publiés par le gouvernement en janvier, février et mars 2015.En effet, les migrants arrêtés en mer ont le choix entre retourner dans leur pays d’origine ou être transférés en centre de détention offshore, c’est-à-dire hors du territoire dans des pays partenaires. Là, ils sont retenus indéfiniment le temps que leur dossier de demande d’asile soit étudié. Mais même en cas d’autorisation, ils ne fouleront pas le sol australien. Ils seront au mieux autorisés à s’installer dans ce pays « partenaire ».

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Un bateau transportant des demandeurs d’asiles sur la côte nord de l’Australie.

 

L’Australie est signataire de la convention des Nations unies sur le statut de réfugié de 1951:

Pourtant, en refoulant les migrants à sa frontière, elle manque à ses obligations et décharge sa responsabilité sur d’autres. Par ailleurs, les conditions « inhumaines » dans lesquelles sont détenus les migrants sont effroyables et humiliantes, selon Amnesty International : surpopulation, violences verbales et physiques, abus sexuels, services de santé et de communication insuffisants.

Critiquée de longue date sur la scène internationale pour le traitement qu’elle réserve aux demandeurs d’asile qui arrivent par la mer, le gouvernement conservateur justifie ce tour de vis migratoire par sa volonté de décourager le trafic des passeurs qui profitent d’immigrants venant pour l’essentiel d’Irak, d’Iran et d’Afghanistan. Depuis décembre 2013, un seul bateau a réussi à gagner les rives du continent australien. Auparavant, les arrivées de bateaux étaient quasi quotidiennes et des centaines de demandeurs d’asile ont perdu la vie au cours de ces traversées dangereuses.

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« Pas question, vous ne serez pas chez vous en Australie ». Le message imprimé en gros caractères rouges sur les affiches publiées par le gouvernement australien est destiné à décourager les candidats à l’immigration.

L’absence d’information publique sur les ressources exactes déployées pour l’opération « Frontières souveraines » rend difficile l’estimation exacte de son coût financier, mais il s’agit dans tous les cas d’une entreprise coûteuse évaluée à plus de 342 millions de dollars ont été alloués à la surveillance des frontières pour 2013-2014.

Coûteuse, vraisemblablement contraire aux droits de l’homme et finalement impuissante à apporter une réponse sur le long terme au flux de migrants qui se lancent au péril de leur vie dans la traversée des mers, la fermeture totale des frontières aux immigrations illégales est définitivement inapplicable à l’Union européenne. En outre, aucun pays voisin à l’UE n’est prêt à accepter un accord impliquant de garder sur son territoire des migrants contre une aide financière, à l’image de la Papouasie ou du Cambodge.

Vidéo : l’Australie n’est plus une terre d’accueil.

A savoir :

Retrouvez l’article : 800 migrants morts dimanche 19 avril au large de la Libye en cliquant ici

Source en partie de l’article : Leila Marchand Journaliste au Monde / http://www.lemonde.fr

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