L’industrie nautique dans le creux de la vague.

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Le chantier historique de Pont l’Abbé.

Après des années fastes, l’industrie nautique connaît un ralentissement.

4ème trimestre 2008.

Dehler/Etap
Après l’annonce du dépôt de bilan de Dehler (société allemande créée en 1962), le 16 décembre dernier, le constructeur belge, Etap, créé en 1970, s’est déclaré hier à son tour en cessation de paiement. Les deux entreprises étant intimement liées, puisque Etap a été rachetée voici exactement un an par le chantier allemand.
Chez Dehler, les salaires seront versés jusqu’au 15 janvier 2009. « Après cette date, il faudra qu’un repreneur se manifeste très rapidement. »

Jeanneau/Bénéteau
Le constructeur vendéen de bateau de plaisance annonce quant à lui vingt jours chômés courant janvier.
Environ les trois quarts des salariés de la production de Bénéteau, soit environ 2.000 personnes, seront en chômage partiel. Une mesure identique va toucher environ 1.500 salariés de Jeanneau. Par ailleurs le constructeur de renommée internationale a annoncé en novembre un bénéfice net en hausse de 22,2% à 114,4 millions d’euros en 2007/08 mais s’est montré prudent pour l’année 2009, anticipant une « baisse des marchés  » en raison de la crise.

Dufour. Recapitalisé de 20 millions d’euros, le chantier rochelais, qui emploie 600 salariés, a connu trois semaines de chômage technique cet automne. Le bon déroulement du salon nautique de Paris, début décembre, semble toutefois avoir apaisé les inquiétudes.

l’industrie nautique connaît un ralentissement.

D’autres professionnels affichent le même pessimisme. Olivier Poncin, le patron d’Harmony (déjà fragilisée), prévoit un ralentissement du marché de 30 % à 50 %.

Aux Etats-Unis, le marché a chuté de 40 % depuis septembre 2008. En Europe, l’Espagne est parmi les pays les plus touchés.

Les salons d’automne (Cannes, La Rochelle) se sont bien passés. Mais quelques jours après survenait la crise financière.

Les prises de commandes de bateaux de plaisance ont subi un coup d’arrêt.

Rappelons ici le drame humain et économique du chantier nautique Gamelin (90 salariés à La Pallice) qui était au moment des faits en redressement judiciaire. Afin de mieux comprendre la crise, nous vous proposons de consulter les deux commentaires ci-après, à plus ou moins trois mois d’intervalle chacun.

Salon de la Rochelle sept 2008.

La plaisance en crise décembre 2008.


Cela dit, le secteur qui connaissait encore en 2007 une croissance de 10 %, devrait pouvoir supporter une pause temporaire.

Une pensée particulière aux artisans qui regroupent une grande diversité de métiers de la mer,qui devront miser sur la compétence et le savoir faire de leur entreprise , sur l’identité et l’originalité de leur produit pour faire face à la crise du secteur.

Retrouvez Fanny Gamelin des chantier Gamelin ici

1 COMMENTAIRE

  1. Quand j’entends le discours qui dit « la Chine n’est pas [encore] à la hauteur de la qualité des bateaux français », je me rappelle inévitablement qu’on disait cela il n’y a pas si longtemps (25 ans) des voitures japonaises, y compris celles de Toyota.
    Plutôt que se voiler la face ou se croire en position de conquérants, ne vaut-il pas mieux rester des rêveurs certes, mais aussi des pragmatiques et commencer à essayer de s’organiser avec l’empire du milieu comme un partenaire mondial, et non comme un « client » ou un « concurrent » ?

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