Leviathan, un film d’art et d’horreur, réalisé par Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel.

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Lucien Castaing-Taylor et Véréna Paravel, coréalisatrice de «Leviathan».

Leviathan, de Lucien Castaing-Taylor et de Verena Paravel, artistes et anthropologues à Harvard (Royaume-Uni), où le premier dirige le Sensory Ethnography Lab, est un film documentaire expérimental de 87 minutes, montrant la brutalité du travail en haute mer. Après son odyssée dans le Montana ( Sweetgrass 2009), Lucien Castaing-Taylor s’est associé à Verena Paravel pour nous proposer la visite d’un bateau de pêche industrielle qui évoque autant le cinéma fantastique ou d’horreur que l’art contemporain, tant certaines scènes nocturnes, comme les vols d’oiseaux au-dessus de la mer, nous renvoient inéluctablement à Hitchcock mais aussi à Escher.

Avec ses couleurs sursaturées, où dominent le rouge sang, le bruit assourdissant des vagues et de la salle des machines, Leviathan se révèle une expérience audiovisuelle d’un lyrisme cauchemardesque. Il faudra toutefois s’armer de patience et avoir le cœur bien accroché pour survivre à cette croisière pour le moins singulière, qui se déroule dans la même mer, où la bataille de Melville contre Moby Dick fut imaginée.

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Leviathan est un film sans parole mais un «film hurlant» selon les réalisateurs.

« un avant-goût de l’enfer », selon les réalisateurs en début d’année à Libération :

«Trois mois de souffrance physique et psychologique. Mais les pêcheurs eux-mêmes souffrent au quotidien, tempèrent les réalisateurs. Si nous avons travaillé autant qu’eux, entre vingt et vingt-deux heures par jour, nous avons peut-être moins souffert que les poissons» (tous crédités au générique avec leur nom en latin aux côtés des marins). Et de conclure «Après des jours en mer, tous nos repères disparaissent. On a à la fois une expérience intérieure-extérieure au corps où il devient impossible de distinguer le dessus du dessous, le ciel de la mer, la nuit du jour, la pluie du soleil.»

Sommaire :

Au large du Maine, un chalutier remonte des centaines de kilos de poissons qui sont aussitôt triés, apprêtés, empaquetés puis congelés. Le même rituel se répète des dizaines de fois durant l’expédition commerciale, ici montrée au plus près et sous tous ses angles.

Vidéo : Leviathan Trailer/Festival Toronto 2012.

A savoir :

Les réalisateurs ont eu recours à une douzaine de caméras numériques compactes utilisées par les amateurs de sports extrêmes qu’ils ont fixées sur le bateau, sur les casques des pêcheurs ou lancées par-dessus bord. «L’essentiel des prises sont filmées par des corps, ceux des marins-pêcheurs ou les nôtres, y compris dans les séquences sous-marines. Nous sommes penchés au bord du bateau, nous tenant l’un l’autre pour ne pas nous faire emporter par les vagues. Toutes les prises sont profondément liées à nos corps, mais pas d’une façon qui s’accorde avec les diktats du documentaire ou du cinéma vérité, ou du cinéma tout court.» Coup de cœur!

Source vidéo : http://www.arretetoncinema.org

Sortie en salles prévue en septembre 2013.

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