Le Sénégal pourrait saisir le bateau russe « Oleg Naydanov » pour pêche illicite.

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Arraisonnement d’un bateau russe par un commando sénégalais : Dakar, Moscou et Bissau se livrent à la guerre des nefs.

Un bateau de pêche russe a été arraisonné, le 23 décembre dernier, par la marine sénégalaise, pour le délit de pêche sans autorisation au large des côtes sud du pays. Long de 120 mètres, le navire «Oleg Naydanov», un multirécidiviste, avait été arrêté pour la même infraction en mai 2012, avait payé une amende de 150 millions de francs CFA.

Soucieux de la préservation des ressources halieutiques, le ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, Haïdar El Aly, a laissé entendre que le Sénégal pourrait saisir le bateau russe « Oleg Naydanov », arraisonné pour pêche sans autorisation dans ses eaux.

Selon la source, au cours de l’opération, l’équipage aurait été violenté. Au total, on parle de 5 blessés. Ce qui aurait mis les autorités Russes et Bissau-guinéennes dans une colère noire. D’ailleurs, révèle le journal « EnQuête » qui donne cette information, la Guinée Bissau exige le retour du bateau dans ses eaux territoriales, il est détenteur de son permis. Interrogé par le journal, le ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, Haïdar El Ali, a déclaré que le bateau était bel et bien en territoire sénégalais lorsqu’il a été arraisonné. « Je parle avec le ministre Bissau guinéen. Il m’a porté assistance et soutien« , a dit le ministre balayant ainsi la thèse selon laquelle la Guinée Bissau réclame le retour du bateau. Aussi, contrairement aux injonctions supposées russes et bissau-guinéennes, le ministre assure-t-il que le droit sénégalais va s’appliquer sur le bateau. La réglementation stipule qu’en l’espèce le bateau fautif doit payer une amende de 200 millions de francs Cfa. Ali Haïdar annonce qu’il va aussi convoquer les ambassadeurs russes et bissau guinéens en poste à Dakar pour leur faire part de la position du Sénégal.

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Le Sénégal accuse les marins russes de mener une pêche illégale dans ses eaux territoriales et affirme que le cargo a déjà enfreint le règlement international à plusieurs reprises.

Et enfin, le ministre de la Pêche et des Affaires maritimes, condamnant fermement cette attitude du bateau russe, a déclaré que le gouvernement du Sénégal prendra toutes ses responsabilités face à cette situation. Dans la mesure où il y a eu refus d’obtempérer, le ministre n’a pas écarté la possibilité de voir quelle mesure utiliser pour saisir le bateau. « Ce navire est un multirécidiviste. En plus de son refus d’obtempérer, la loi nous autorise à saisir son matériel de pêche. Nous allons prendre toutes les mesures pour donner l’exemple », a soutenu Haïdar El Aly.

La situation est d’autant plus alarmante que l’arraisonnement de l’« Oleg Naydanov » est intervenu quelques jours seulement après l’identification, dans cette même zone, de quatre bateaux en train de pêcher sans autorisation. « Ils avaient été identifiés et poursuivis, malheureusement, ils avaient réussi à s’échapper pour aller se réfugier en Guinée-Bissau », a regretté le ministre.

A noter :

Les autorités sénégalaises ont l’intention de confisquer le chargement du cargo russe Oleg Naydenov et condamner son armateur à une amende d’environ 830.000 dollars américains. Par ailleurs, le coût du poisson pêché à bord du chalutier pourrait s’élever à 540.000 dollars. Oleg Naydenov transporte à son bord 900 tonnes de marchandise.

Pour info :

le bateau russe est depuis samedi au port militaire de Dakar, où il a été conduit par un patrouilleur de la Marine sénégalaise. Son arraisonnement date du 23 décembre, a-t-il précisé, expliquant qu’il a fallu une dizaine de jours aux marins sénégalais pour le ramener à quai.

Vidéo : le chalutier russe au port militaire de Dakar.

A savoir :

Les bateaux pirates font perdre au Sénégal 150 milliards de FCfa par an. Selon le ministre Aly Haïdar, des études ont montré que le Sénégal perd 150 milliards de FCfa du fait des bateaux pirates qui viennent piller nos ressources. Il a rejeté ainsi toute initiative d’impulser la pêche industrielle. « Nous ne voulons pas développer la pêche industrielle, parce que les ressources sont menacées », a-t-il indiqué. Les autorisations accordées aux navires étrangers ont été suspendues par le Sénégal depuis le 1er avril 2012 dans une perspective d’assurer une meilleure exploitation rationnelle des ressources halieutiques, particulièrement les pélagiques. Cette mesure a été bien appréciée par les acteurs de la pêche artisanale, dont une forte communauté tire ses revenus de ces ressources. Affaire à suivre!

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