Le navire de forage de Shell, qui s’est échoué au large de l’Alaska, est toujours sous haute surveillance.

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Le Kulluk transporte 600 000 litres de diesel et environ 50 000 litres d’huile de graissage et de liquide hydraulique.

Pour le moment, aucune fuite de pétrole n’est constatée, mais la situation est toujours sous haute tension en raison d’une météo déplorable. La plateforme pétrolière Kulluk exploitée par le pétrolier anglo-néerlandais Shell, qui a échoué sur les côtes d’une île inhabitée de l’Alaska le soir de la Saint-Sylvestre, est placée sous haute surveillance. Si aucune marée noire ni dégât ne sont à signaler pour l’instant, ce nouvel incident, qui intervient dans la zone où avait eu lieu l’accident de l’Exxon Valdez en 1989, relance comme on s’en doute, les critiques des opposants aux forages pétroliers dans la zone difficile et sensible de l’Arctique. Par ailleurs, le représentant Ed Markey, du Massachusetts, qui est le démocrate le plus haut placé au sein du comité des ressources naturelles de la Chambre, s’est dit préoccupé de la situation du Kulluk.

Rappel des faits :

Jeudi 27 décembre 2012, la plateforme pétrolière Kulluk qui voyageait de l’Alaska vers Seattle où des opérations de maintenance devaient être effectuées, s’est échouée le 1er janvier 2013 au sud des îles Kodiak. En effet, en raison de conditions météo particulièrement violentes, une corde de remorquage de l’un des deux remorqueurs, dont l’Aiviq (le tout nouveau navire de Shell à 200 millions de dollars), qui transportaient cette plateforme, a rompu. La plateforme était livrée à son sort. Les tentatives répétées durant deux jours, pour la contrôler dans la mer déchaînée de Bérings sont restées infructueuses.

Samedi, l’équipage du Kulluk a été évacué par hélicoptère par les garde-côtes américains, et la plateforme a dû jeter l’ancre pour ralentir sa dérive vers les côtes. L’amarre du remorqueur a pu être rétablie à deux reprises, mais a cédé à chaque fois. Alors que les vents atteignaient 120 km/h et les vagues 15 mètres de haut, le second remorqueur a dû se séparer du Kulluk pour se mettre à l’abri, laissant le navire de forage s’échouer lundi vers 21 heures locales sur une plage de sable et de gravier de l’île inhabitée Sitkalidak, près de l’archipel Kodiak.

A noter :

Quand la météo le permettra, Shell, qui a mobilisé 250 personnes pour mettre fin à cet échouement, a prévu de faire monter des experts maritimes à bord du navire (équipé d’une double coque en acier renforcé de 8 centimètres d’épaisseur), afin d’élaborer un plan de sauvetage. Une enquête sur les causes de l’accident sera ensuite menée.

Vidéo : Un hélicoptère de la garde côtière fournit un système de remorquage d’urgence à l’équipe de sauvetage héliportée sur le pont de la plateforme Kulluk le 2 janvier 2013.

A savoir :

Ce n’est pas le premier problème que rencontre Shell dans sa campagne de forage en Arctique. Une autre plate-forme, Noble Discoverer, a été brièvement retenue par les garde-côtes américains en décembre dernier en raison d’interrogations sur la sûreté.

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