Grenelle de la Mer : La boudeuse arrête sa mission scientifique, faute de financements suffisants.

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Rebaptisé "La Boudeuse", en hommage au célèbre explorateur français, Louis Antoine de Bougainville.

Ce voilier à coque acier de 42 mètres, construit en 1916, aux Pays-Bas, est le seul trois-mâts français d’aventure à continuer d’écumer les océans. Il avait levé l’ancre mercredi 21 octobre 2009, avec à son bord une dizaines de chercheurs, et devait effectuer une mission de deux ans, au service de l’environnement, confiée par le Ministère de l’Ecologie et soutenue par le CNES, sur les rivages maritimes et fluviaux d’Amérique Latine et de Polynésie, et cela dans le cadre du Grenelle de la mer.

La mission Terre-Océan devait être l’une des réalisations de « terrain » du Grenelle de la Mer dont le point de départ avait été donné à bord de La Boudeuse, le 27 février 2009, lorsque le navire se trouvait à Paris.

Faute de financements, l’expédition Terre-Océan s’est terminée le 1er juin :

La mission, qui devait à l’origine participer à l’évaluation de l’impact du changement climatique sur les grands fleuves d’Amérique du Sud et les îles du Pacifique, était partie pour un voyage de deux ans avec un budget prévisionnel de 2,5 M€ abondé par une vingtaine de partenaires. Mais face au retrait progressif de ses financiers, le banquier de La Boudeuse, BNP Paribas, a fini par couper les vivres fin mai, précipitant la fin de l’opération.

Un montant raisonnable au regard de l’enjeu :

Dans une lettre ouverte adressée au Ministre de l’Écologie le 10 juin, les équipiers du navire ont exprimé leur étonnement quant à l’arrêt brutal d’un programme de recherche « emblématique du Grenelle de la Mer », « pour des raisons financières d’un montant peu élevé au regard de l’enjeu ». Les scientifiques ont tenu à rappeler que le navire « permet d’étudier des régions qui resteraient quasiment inaccessibles dans le cadre de programmes scientifiques classiques » comme le montrent les « résultats prometteurs » obtenus lors des explorations menées en Guyane Française. Ces derniers ont également insisté sur « la pluridisciplinarité du programme scientifique » de la Boudeuse, qui « contribue à un brassage des communautés scientifiques », sans oublier son « fort impact auprès du grand public ». Autant de raisons qui les poussent à demander à Jean-Louis Borloo de « tout faire pour que ces missions reprennent au plus vite ».

Le ministère de l’Écologie sévèrement critiqué :

Selon le capitaine de La Boudeuse Patrice Franceschi, la responsabilité de ce fiasco revient à la promesse faite en janvier dernier par le Ministre de l’Écologie d’apporter 500 000 €, qui n’a jamais été suivie. Une version contestée par le ministère qui a assuré dans un communiqué diffusé le 2 juin «qu’aucune demande de subvention de 500 000 € n’a été déposée auprès des services de l’État », rappelant au passage que l’ADEME « a accordé un soutien de 50 000€ en 2009 et avait décidé d’un versement supplémentaire de 150 000€ en 2010 ». Sans pour autant remettre en cause la participation financière de l’Agence ni l’implication du ministère auprès des entreprises publiques et privées partenaires de l’opération Terre-Océan, l’équipage de la Boudeuse maintient, quant à lui, qu’une demande de 300.000 € faite auprès de l’ADEME, portée à 500 000 € par Jean-Louis Borloo était « restée sans suite ». Ce ne serait pas la première fois que le ministère de l’Écologie fait volte face sur un engagement du Grenelle Environnement. (Source de l’extrait developpementdurablelejournal.com)

Patrice Franceschi, capitaine de "La Boudeuse", est membre de la Société de philosophie des sciences.

Les priorités et les préoccupations de ce « Grenelle » sont multiples et reflètent l’ambition de préserver l’avenir de la planète pour les générations futures : défense de l’environnement et de la biodiversité, lutte contre le réchauffement climatique, développement durable, maîtrise de l’énergie, etc. Mais aujourd’hui, force est de constater, que les réalités financières du XIXème siècle ont rattrapé le trois-mâts, et que ces préoccupations trouveront certainement d’autres moyens de mise en œuvre, mais sans la frégate d’exploration « La Boudeuse ».

La Boudeuse devait quitter le Venezuela pour rejoindre la base navale de la Marine Nationale de Fort de France en Martinique où le bateau sera mis en vente au prix de 2 M€.

Le voyage de la Boudeuse s’arrête à Caracas, au Venezuela.

A savoir :

Patrice Franceschi, capitaine de « La Boudeuse », était à l’origine du projet. Président honoraire de la Société des explorateurs français, ce marin-écrivain est aussi membre de la Société de philosophie des sciences.

La goélette rebaptisée « La Boudeuse » :

D’abord un navire de commerce en Mer Baltique et en Mer du Nord, le bateau fut ensuite utilisé comme navire-école suédois peu après la Seconde Guerre mondiale. En 2003, il passe sous pavillon français, à l’initiative de l’écrivain et documentariste Patrice Franceschi. Ce navire d’exploration hauturier et fluviale, a un faible tirant d’eau lui permettant d’explorer aussi les fleuves, comme l’Amazone. C’est là qu’il a été rebaptisé La Boudeuse, en hommage au célèbre explorateur français Louis Antoine de Bougainville.

Dernière minute :

La Boudeuse, est arrivée en Martinique, et son capitaine, Patrice Franceschi à confiée à la société A&C Yacht Brokers, l’exclusivité de la vente, le bateau est donc proposé au prix de : 2.500.000 euros, le bateau est visible en Martinique.

Site du grand voilier d’exploration « La Boudeuse » : http://la-boudeuse.org

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