Cordouan, le dernier phare en mer gardé, aura 400 ans en 2011.

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Le phare de Cordouan situé à l'entrée de la Gironde entre Royan (17) et la Pointe de Grave (33).

Surnommé, entre autre, le « Versailles de la mer », le phare de Cordouan, est le plus ancien des phares français encore en activité. Il est situé à 9 km au large de l’embouchure de la Gironde, à égale distance des côtes charentaise et girondine.

Le phare de Cordouan :

L’histoire de cette œuvre royale remonte au IXème siècle, lorsque Charlemagne demande à son fils, Louis le Débonnaire, de construire une première tour. En 1362, le Prince Noir ordonna la construction d’une tour au sommet de laquelle un ermite allumait des feux pour favoriser le commerce avec l’Angleterre; mais deux siècles plus tard, la tour était en ruine.

C’est l’ingénieur et architecte, Louis de Foix, né à Paris entre 1530 et 1538, nommé par Henri III, qui amorça la construction de ce nouvel ouvrage en 1582. Plus de 200 ouvriers furent mobilisés. Mais suite à des difficultés liées à la nature des travaux (marées, tempête, transport,…), aux conséquences des guerres de religion et au manque de crédits, Louis de Foix, après avoir consacré 18 ans de sa vie et toute sa fortune à cette réalisation, mourra en 1602, avant même, d’en avoir vu la fin. Son fils reprendra sa succession mais ruiné, il transmettra le flambeau à François Beuscher, ancien conducteur de travaux de Louis de Foix qui termina son œuvre en 1611, soit 27 ans après le début des travaux.

C’ est en 1659, que Colbert, né le 29 août 1619 à Reims (contrôleur général des finances de France de 1665 à 1683), décide de restaurer la tour. Les travaux durent de 1661 à 1664 et conduiront à la physionomie actuelle de la tour inférieure. Depuis cette époque, le phare a doublé de hauteur. En effet, les navigateurs se plaignant de ne pas le voir, c’est à l’ingénieur Joseph Teulère, de Bordeaux, que l’on confie l’élévation de la tour entre 1782 et 1790. Tout en conservant le rez-de-chaussée et les deux étages existants, la tour fut surélevée de 30 m, pour atteindre majestueusement 68 mètres de haut. En 1823, le premier appareil lenticulaire à système tournant, inventé par Augustin Fresnel, est expérimenté à Cordouan. Ce système équipe, depuis, tous les phares du monde. Le phare est électrifié en 1948.

Caractéristiques :

Le phare édifié en pierre de taille blanche de Saintonge sur de la roche, repose sur un anneau circulaire de 41 m de diamètre et de 8 mètres de hauteur à partir de la base de cette couronne. Le phare de Cordouan a six étages et 311 marches, et s’élève majestueusement de 68 mètres.

Particularité :

Il demeure le premier phare classé monument historique en 1862, et le dernier phare français sur lequel ont vécu et travaillé des gardiens. Ces gardiens de phare effectuaient des roulements parmi une équipe de trois personnes (14 jours au phare, 7 jours de repos, 7 jours au phare, 7 jours de repos). Ils résidaient dans les locaux circulaires présents dans la cuirasse du phare, qui comportent plusieurs chambres aménagées. Les deux gardiens présents sur le phare s’occupaient essentiellement de l’entretien, du nettoyage, et de l’accueil des visiteurs, venus en bateau des côtes charentaises ou girondines.

Premier phare classé monument historique en 1862, en même temps que Notre-Dame de Paris.

Signalisation du phare de Cordouan:

Le phare de Cordouan éclaire et sécurise la circulation dans les deux passes permettant l’accès à l’estuaire de la Gironde : la Grande passe de l’Ouest, balisée de nuit, qui longe le rivage nord depuis le banc de la Coubre, et la passe Sud, plus étroite, et qui n’est absolument pas balisée la nuit.

Son feu est situé à 60 mètres de hauteur. Il est produit par une lampe halogène de 2000 W, rythmée électroniquement, ce qui a permis de supprimer le cache et le machinisme de rotation. Sa portée est de 22 milles marins pour le secteur blanc et de 18 pour les secteurs rouge et vert.

C’est un feu à occultations (2 et 1) en 12 secondes :

Secteurs :
Blanc de 14° à 126°
Vert de 126° à 178,5°
Blanc de 178,5° à 250°
Blanc atténué de 250° à 267°
Rouge atténué de 267° à 294.5°
Rouge de 294,5° à 14°

Comment se repèrent les marins? :

La plupart des phares et certaines balises utilisées en navigation maritime utilisent de tels feux pour indiquer une position ou un cap donné aux navigateurs. Chaque phare dispose en principe d’une identification propre, déterminée par un nombre variable d’occultations sur une période donnée, ce qui permet aux navigateurs de savoir où ils sont, sachant que les identifications des phares sont reportées sur les cartes marines et dans le livre des feux, tous deux édités par le SHOM en France.

L’expression « 2+1 occ 12s » (citée ci-dessus), signifie que sur une période de 12 secondes, le phare cessera brièvement d’être allumé deux fois, puis une fois.

A noter :
Entre mars et novembre 2005, une cuirasse de béton armé de 70 mètres de long et de 8 mètres de haut a été construite autour du flanc ouest du bouclier, afin de mieux le protéger des assauts de la houle d’ouest, qui entraînait des vibrations mettant en danger la structure du phare. Les travaux, réalisés par la société Guintoli, ont coûté environ 4,5 millions d’euros.

Vidéo : Cordouan, le phare des roi.

A savoir :

Suite à l’automatisation totale du phare en 2010, le phare de Cordouan, va prochainement se séparer de ses deux gardiens, tous deux fonctionnaires des Phares et balises, affectés en haute mer, et formés à Brest. C’est le cas de Serge Andron et de Jean-Paul Eymond, 58 ans et 34 passés au service du « Roi des phares », pour qui l’heure de la retraite a sonné. Courant 2008, l’État a clairement signifié que ces derniers Mohicans ne seraient pas remplacés. Et qu’il n’avait pas vocation à entretenir le site, qui reste sa propriété jusqu’en 2025.

Le Syndicat mixte pour le développement durable de l’estuaire de la Gironde (Smiddest) a hérité le 1er janvier 2010 de la gestion du phare. Il a fallu attendre juin et l’engagement de l’État à financer des travaux pour que le Smiddest (Syndicat Mixte pour le développement Durable de l’Estuaire de la Gironde) confirme sa signature pour cinq ans.

Cette vidéo réalisée par la société DN2L, est disponible sous forme de carte postale, « Couleurs Cordouan », sur son site : http://www.dn2l.com

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