Cinéma : « 12 Years a Slave », le dernier film de Steve McQueen, aussi pervers que puissant.

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L’histoire vraie de Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor), violoniste, kidnappé et forcé à l’esclavage pendant douze ans.

Le dernier film de Steve McQueen est à la fois historique et émotionnel. Le thème est cher à Steve McQueen, Britannique installé aux Pays-Bas, qui avait déjà traité d’une perversion institutionnelle (Hunger racontait l’emprisonnement du militant de l’IRA Bobby Sands en 2008) et d’une perversion intime (avec Shame, le portrait d’un homme détruit par son obsession sexuelle en 2001). Dans son dernier long métrage, inspiré d’une histoire vraie « 12 years a slave », le réalisateur et producteur, qui en deux films seulement, a imposé le respect et provoqué la fascination de ses pairs, aborde l’esclavage, et nous entraine dans le Sud profond des États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession (1861 et 1865).

Synopsie :

Solomon Northup (Chiwetel Ejiofor) est un homme normal, qui travaille, aime tendrement sa famille, joue du violon, se promène au parc le dimanche. Et puis, un jour, il se réveille nu, dans un cachot, des chaînes aux chevilles et aux poignets. Est-ce une hallucination, un cauchemar ? Ou bien était-ce sa vie d’avant, cette existence délicieusement banale, qui n’était qu’un fantasme ? Qu’arrive-t-il à Solomon Northup ? On lui enlève ses vêtements, son nom, sa vie. On lui crache au visage, on le fouette, on le vend. Kidnappé dans son propre pays, le citoyen Northup n’est plus un homme libre, il n’est plus rien, juste un esclave bon à couper des arbres et ramasser du coton sous le soleil écrasant de Louisiane.

Un grand film sur la perversion, qui sortira dans nos salles le 22 janvier, et qui offre une description clinique, et glaçante, d’une réalité au quotidien, qui reste encore d’actualité (voir l’article « Esclave à 14 ans dans un lycée privé parisien » ici).

Vidéo : bande annonce du film « 12 Years a Slave ».

A savoir :

Présenté au festival du film de Telluride, le film qui a pour acteurs principaux Chiwetel Ejiofor, Michael Fassbender, Benedict Cumber, a reçu un accueil extrêmement positif de la part des critiques et il fait office de favori dans la course aux Oscars 2014, où il est nommé dans neuf catégories, dont celle du meilleur film. Et enfin, Steve McQueen, s’est entouré du  scénariste et  romancier John Ridley pour réaliser son dernier chef-d’œuvre.

Pour ce film ayant pour sujet l’esclavage, Hans Zimmer signe probablement sa partition la plus épurée, la plus “nue”. Il imagine un thème unique, associé au personnage de Solomon Northup, joué aux cordes, qui reviendra tout au long du film. Minimaliste, mais efficace et beau. A découvrir!

Le film est l’adaptation de l’autobiographie Douze ans d’esclavage de Solomon Northup (1853).

1 COMMENTAIRE

  1. Douze ans d’esclavage (12 Years a Slave) fut d’abord un livre remarquable de Salomon Northup, un menuisier et violoniste noir du Nord. Homme libre, il est enlevé pour être vendu comme esclave. Pendant douze ans, il vit « l’institution particulière » : travail forcé de l’aube jusqu’au crépuscule et coups de fouet incessants. Quand il retrouve enfin son statut d’homme libre, il s’attèle à restituer minutieusement ce qu’il a vécu. Il réussit à décrire avec un œil de sociologue mais en première personne, une économie du sud agraire qui compense son manque de productivité et son retard industriel par l’emploi de cette main d’œuvre particulièrement peu coûteuse que sont les esclaves.

    Voir le site des éditions Entremonde
    http://www.entremonde.net/12-Years-a-Slave

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