Bernard Moitessier, le globe-trotter des mers.

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Bernard Moitessier, un parcours légendaire (photo AFP).

Avec le français Bernard Moitessier, on entre dans le monde de la grande aventure en mer. Une aventure qu’il a commencé à vivre très tôt en Indochine, dans le golf de Siam avec les pêcheurs, puis en construisant en 1952 une jonque qui fera naufrage.

Il construit alors un nouveau voilier pour gagner la France via Madagascar, Le Cap et les Antilles, et écrit son premier livre en 1960 intitulé « Vagabond des Mers du Sud » chez Flammarion. Succès immédiat : une légende vient de naître.

Après Snark, premier bateau construit sans plan en 1951, Marie Thérèse I en 1952, puis Marie Thérèse II, c’est en 1962 qu’il met à l’eau à Marseille un ketch de 12 mètres, Joshua – en l’honneur de Joshua Slocum (premier navigateur à boucler le tour du monde en solitaire, disparu en mer en 1909) – et part avec sa femme Françoise, pour un grand périple sans escale vers Tahiti en passant par Panama et par le Cap Horn.

De cette expérience il écrira en 1966 un autre ouvrage intitulé « Cap Horn à la voile ».

En 1968, il s’engage dans la course autour du monde en solitaire sans escale par les 3 caps. C’est dans cette épreuve que la vie de Bernard Moitessier va prendre un nouveau tournant. Alors qu’il est en tête et qu’il a franchi les 3 caps, il prend conscience en remontant dans l’Atlantique, qu’il n’a pas envie de rentrer en Europe.

A bord de son voilier, et pendant ces longues semaines de solitude, il est devenu un autre homme. Il a trouvé une forme de plénitude, alors il continue sa route ….non pas vers l’Angleterre, mais repassant le cap de Bonne Espérance et se dirigeant vers Tahiti. Une fois et demie le tour du monde, le plus grand trajet en solitaire jamais effectué par un navigateur !

Moitessier fait partie de ces hommes qui vous emportent et vous transportent entre ciel et mer dans le sillon de leurs rêves. Il a ouvert sans le vouloir un autre mode d’existence, fait de pureté, de simplicité et de rencontres. Abandonnant le profit et la notoriété au nom de sa liberté, Bernard Moitessier s’éteindra dans un petit port appelé Le Bono, dans le golf du Morbihan, le 16 juin 1994, un an après son dernier livre « Tamata et l’alliance » écrit en 1993.

Vagabond des mers, écrivain poète, inventeur, il fut un exemple pour certains, une révélation pour les autres.

Je vous recommande avec force « La Longue Route », ouvrage écrit en 1990 (éditeur Arthaud) dont je vous livre une citation : « tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l’ont construit avec leurs rêves… »

Vidéo Bernard Moitessier et son bateau.

A savoir :

Alors qu’il était en tête du Golden Globe, remontant l’océan Atlantique, le Français Bernard Moitessier a brusquement viré de bord et mis le cap vers le Pacifique, à bord de « Joshua », laissant la victoire et la gloire au navigateur anglais, Sir Robin Knox-Johnston, qui à 30 ans à la barre de son voilier « Suhaili« , devient le premier marin à boucler un tour du monde en solitaire sans escale…

Source photo (en tête de page) : http://servicios.elcorreo.com

9 COMMENTAIRES

  1. bien sur j’apprécie cet article, j’ai lus plusieurs livres sur Bernard moitessier,la mer m’a toujour fasciné,la première fois que j’ai vu la mer tous de suite je voulais être marin,mais le destin me la refusé, c’est part les livres que j’ai comprit la fascination de la mer,de vingt milles lieux sous les mer,et de jean Yves le toumelin avec sont slocum qui part en solitaire faire un le tour du monde avant de repartir sur les traces d’Alain gerbault. mais je n’avais pas compris pourquoi bernard moitessier alors que le défit lancé par le journal londonien étais gagné il décide de de faire demis tour,maitenant je comprend moi qui est fait un peut de croisiére combien la solitude est bénéfique en mer..nono

  2. les raisons de bernard moitessier de tirer sa révérence et de ne pas venir retirer son prix,est ce bernard qui décidé, ou neptune lui même,ou l’attrait des grand espaces marins,le vol des albatros au dessus de son bateau les dauphins qui coure devant l’étrave de son bateau,le repos des baleines qui se dore au soleil,regarder les étoiles qui scintilles dans la voûte céleste.combien de moments merveilleux quand allonger sur pont tu regarde le ciel.quelle belle leçon d’umulité pour les hommes…nono

  3. @Nono. Merci de prendre le temps de nous écrire. Oui, vous avez raison, la mer procure de belles aventures humaines, de W.Robinson à Nicole Van de Kerchove, de Tabarly à Olivier de Kersauson; leurs récits nous envoûtent et nous transportent, ce sont des êtres merveilleux, à part, qui ont choisi, avec tout ce que cela implique, d’être auteurs de leur vie (et pas seulement acteurs). A bientôt…

  4. Faut-il être ou avoir dans cette vie?
    Faut-il avoir pour être?
    Ou alors, être, c’est avoir!

    Bernard fût, et il avait l’essentiel.
    Tout simplement d’être lui-même.

    Loin du matérialisme et des paillettes dérisoires…

    Tellement futiles et dérisoires.

  5. @Georges. Il reste pour beaucoup, l’un des plus grands voyageurs et navigateurs de tous les temps. Il y a une citation de Bernard Moitessier, que j’affectionne tout particulièrement parce que le contenu est intemporel, et qu’ elle résume en somme, assez bien votre propos « Tout ce que les hommes ont fait de beau et de bien, ils l’ont construit avec leurs rêves… ». Au plaisir de vous revoir parmi nous. Alain Sheller

  6. […] A 18 ans, le jeune Thierry a de la chance, une chance insolente. Il vient de décrocher son bac. Comptant sur sa bonne étoile et sa formation de scout marin, il se lance dans le bateau-stop, proposant ses services aux fortunés propriétaires de yachts. A Girolata, petit paradis corse, il exerce des petits métiers, sans souci du lendemain. Jusqu’au jour où entre dans la baie un voilier en acier, le Joshua de Bernard Moitessier. […]

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