Part.1 : Vivre et habiter sur une péniche.

Part.2 :   Vivre sur un voiler ou un yacht à moteur.

Vivre sur l’eau est dans de nombreuses régions du monde une véritable tradition culturelle. Depuis quelques années, ce style de vie suscite en France un vif engouement. En effet, séduits par l’originalité de ce mode d’habitat et par la possibilité de se sentir ailleurs, beaucoup de citadins sont tentés par l’idée de vivre sur un bateau habitable. Si ce rêve au premier abord semble accessible à beaucoup, qu’en est-il exactement…

Part.1 : Vivre et habiter sur une péniche.

Le premier volet de cet article, qui concerne exclusivement les péniches converties en habitation, ne prétend nullement apporter des réponses toutes faites à vos questions. Il brosse, disons le franchement, dans son ensemble,  un tableau peu enthousiaste, à l’encontre de cette nouvelle vie sur l’eau (achat, manque de place, entretien, etc…) mais a le mérite, au-delà des connaissances et de l’expérience en matière de navigation, de rassembler,  en un clic, un maximum d’information utiles…

Les péniches, un lieu de vie original et convivial :

Amarrées au port des Champs-Elysées à Paris, ou au beau milieu de la Cité des Papes à Avignon, ou bien encore dans le centre historique de Strasbourg, certaines de ces embarcations n’ont plus de bateau que le nom et ressemblent davantage à de luxueux appartements avec terrasse. Ces bâtiments flottants, la France en compte un peu plus de un millier, qui restent d’ailleurs pour la plupart, à quai trois cent soixante-cinq jours par an pour 90 % d’entre eux. Sans compter ceux qui n’ont plus de moteur. Le voyage n’est certes pas la motivation première de leurs occupants.

Cognac bateau habitable taille706x330W Vivre et habiter sur une péniche, un bateau à moteur ou un voilier, du rêve à la réalité (part 1).

Quelque soit l’embarcation, ou la durée de la navigation, avant de quitter le port, il convient de faire un briefing sécurité. Chaque capitaine (skipper), le sait et se doit d’appliquer cette règle simple.

Ce qu’il faut savoir :

L’investissement dans une péniche se révèle onéreux, et la vie à son bord « est loin d’être un long fleuve tranquille ». D’ailleurs, les candidats à cet achat sont systématiquement mis en garde lorsqu’ils se rendent au bureau des voies navigables de France. Le prix d’une Freycinet, une péniche française standard de 39 mètres de long sur 5 de large, oscille entre 122 000 et 228 000 euros, selon son état, et son équipement, ce qui la place au niveau d’un logement parisien de deux pièces. Mais les prix grimpent vite, jusqu’à 457 000 euros si l’aménagement du bateau est plus poussé (terrasse en teck, hifi, écran plat, déco et matériels High Tech, climatisation, etc.).

Autre souci :

Bien que le confort moderne (eau, poste, téléphone, etc.) existe à bord, le raccordement à l’électricité ne va pas de soi. EDF n’accepte la demande d’installation d’un compteur qu’à condition que le propriétaire présente un contrat officiel de stationnement.

Contrairement au terrain d’une maison, disposer d’un espace où stationner, ne signifie pas être maître des lieux. “On achète le bateau mais pas la place, laquelle n’est d’ailleurs pas transmissible”. Sachez que les propriétaires de bateau et locataires de l’emplacement, payent le droit de s’amarrer, et les prix peuvent varier sur Paris : de 600 euros par mois, à 2000 euros, selon la péniche et la situation. Mais ce n’est pas tout, une fois amarrée, la péniche réserve encore des surprises à ses occupants.

Vidéo : Vivre sur l’eau mais à quel prix!

Une péniche reste un logement onéreux :

Contre toute attente, vivre sur une péniche n’est pas économique. Si la seule coque reste abordable, entre 85 000 et 110 000 euros, l’aventure n’est pas sans contrepartie, notamment financière. Pour obtenir la péniche de vos rêves, un modèle standard en France de 38.5 mètres sur 4, vous devrez mettre la main au portefeuille. Car côté aménagement, si la cale vide permet d’agencer les lieux à votre guise, tout est à réaliser.

Chauffage, électricité, eau et sanitaires, rien ne vous sera épargné. Pour une péniche tout aménagée, il vous faudra compter dans les 300 000 euros. Comme pour un logement classique, le jeu de l’offre et de la demande a fait exploser les prix. La crise batelière n’est plus la même qu’il y a une trentaine d’années, et il devient difficile de trouver une embarcation digne de ce nom. S’ajoutent ensuite la taxe d’habitation, les impôts fonciers (sauf si le bateau peut naviguer), la mise à cale obligatoire tous les dix ans et les réparations diverses. Cependant la péniche reste une bonne alternative à la location de maison de vacances.

peniche freycinet deco  Vivre et habiter sur une péniche, un bateau à moteur ou un voilier, du rêve à la réalité (part 1).

Côté aménagement d’intérieur, les péniches sont à présent pensées comme des lofts avec un très grand espace ouvert, qui tient lieu de pièce principale.

L’entretien d’une péniche revient cher, voire très cher :

Ainsi, tous les dix ans, selon la loi, les propriétaires de péniche, ont l’obligation de sortir leur habitation de l’eau et de vérifier l’étanchéité de la coque. Cette mise à sec vous en coûtera quelque 5 000 euros. Ensuite, il vous faudra repeindre la coque pour éviter la corrosion, la sonder (900 euros environ) et si le fer est abimé faire des réparations pouvant aller jusqu’à 20 000 euros. Un fond à refaire revient environ à 40 000 euros. Pour compléter le tableau, l’assurance d’une péniche est en moyenne deux à trois fois plus chère que celle d’une habitation normale. (Source article http://www.lefigaro.fr)

Réglementation par exemple, en Ile-de-France :

Dès 1975 les propriétaires de bateaux-logements se regroupent au sein de l’Association de Défense de l’Habitat Fluvial (ADHF) ; en fonction des problèmes, des associations locales se créent et l’ADHF devient la fédération française. Il faut attendre 1994 pour voir l’adoption d’un cadre réglementaire de la domanialité publique gérée par les Voies Navigables de France qui délèguent une partie de leurs pouvoirs, pour Paris intra-muros, au Port Autonome de Paris. Aujourd’hui, tout bateau doit signer une convention d’occupation temporaire, payer une redevance mensuelle et acquitter la taxe d’habitation et d’enlèvement des ordures. En échange, il peut être raccordé à l’eau, l’électricité, le téléphone et bénéficier du service du courrier sur les quais aménagés.

peniche-paris-photo

Destinée à l’origine uniquement au transport de marchandises, la péniche s’est trouvée aujourd’hui d’autres vocations résolument plus citadines.

S’amarrer au cœur de Paris n’est pas si facile car il faut obtenir la permission temporaire d’occupation des berges publiques. Si l’on tient compte des plus de 150 bateaux actuellement en liste d’attente et du fait qu’il n’y a qu’une ou deux places qui se libèrent chaque année, il vous faudra compter une centaine d’années avant de pouvoir réaliser votre rêve, en supposant que la réglementation ne change pas d’ici là.

Une autre possibilité est d’acheter un bateau déjà amarré (quatre à cinq ventes par an), mais il faut savoir que le permis d’occupation temporaire n’est pas cessible et que toutes les démarches auprès de l’administration doivent être faites avant la signature de l’achat (il s’agit d’un bien mobilier, comme une voiture, et non d’un bien immobilier qui nécessite l’intervention obligatoire d’un notaire). De plus, depuis 2005, chaque nouvelle autorisation exige que le bateau soit équipé d’une station d’épuration des eaux usées, obligation qui s’est étendue à tous les bateaux en 2007.

Enfin, sachez que les contrôles de sécurité sont très stricts :

Au moins tous les huit à dix ans une expertise du bon état de la coque doit être réalisée par un expert en montant le bateau en cale sèche, ce qui entraîne, avec les frais de carénage et de peinture, une dépense minimum de 5.000 euros. En dehors des redevances de stationnement et des taxes, les frais d’entretien sont légèrement supérieurs à ceux d’une résidence secondaire.

A noter :

Le rêve de vivre autrement en l’occurrence sur un bateau, quelques mois, ou toute l’année, en couple ou en famille, a des avantages certains, mais aussi des inconvénients qui  peuvent devenir très vite des problèmes, pour ne pas dire des drames.

Conseil :

Pour attraper le virus, mieux qu’un article, allez faire un tour du côté des Pays-Bas. En effet, 30% du territoire est en dessous du niveau de la mer, c’est pourquoi bon nombre de Hollandais ont choisi de vivre sur l’eau : péniches, vedettes, bateaux fifties, trawlers, sont de véritables maisons flottantes…

Conclusion :

Même si le rêve de vivre sur l’eau, notamment à bord d’une péniche amarrée à un quai, reste toujours assez contraignant, et très onéreux,  le jeu en vaut vraiment la chandelle, et cela pour plusieurs raisons : changer de région, naviguer de temps en temps, reposant et tranquille, habitation spacieuse, ambiance conviviale, un choix et un mode de vie vraiment à part…, d’autant que, de plus en plus de personnes aujourd’hui, hommes et femmes confondus, ont une activité lucrative qui s’exerce à travers internet et/ou à domicile, et peuvent, par conséquent sans contrainte, voyager, ou se déplacer, et donc envisager pleinement l’achat d’une telle résidence sur l’eau.

 

Vidéo : Vivre sur une pénichette (bassin de La Villette).

A savoir :

Pour acheter une péniche, il existe de nombreux sites français, luxembourgeois, belges, allemands ou encore polonais… Il est conseillé d’acheter votre péniche auprès d’une agence spécialisée.

Consultez également la Confrérie des Bateliers : http://www.adhf-f.org

Pour plus d’infos contactez la Fédération des industries nautiques : Industriesnautiques.fr.

Voici un site créé en 2000, et réalisé avec la participation d’habitants de péniches réhabilitées en bateaux-logements : http://www.pnich.com

Accéder à la deuxième partie du dossier : Part.2 : Vivre et habiter sur un voilier ou un yacht à moteur

 

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3 Commentaires

  1. Eric dit :

    Les caïques Turque de construction traditionnelle en bois sont des bateaux habitables très avantageux … Grands volumes et surfaces, bien équipées, faciles à aménagés, modifiables à souhaits …

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