Le pied marin n’est pas donné à tout le monde, et devant le mal de mer il n’y a pas de règle. Chaque être humain est avantagé ou handicapé par rapport à son voisin, certains, très rares, ne seront jamais malades alors que d’autres, très rares également, le resteront toute leur vie. Pour la majorité des individus, le mal de mer reste cependant un phénomène passager et après une période d’adaptation, plus ou moins longue et difficile suivant chaque personne, le malaise s’estompe. Mais sachez que même les marins les plus chevronnés ou skipper professionnels, sont encore malades après trente ans de mer.
Comment survient le mal de mer :
Le mal de mer est une pathologie fréquente et bénigne, lié avant tout à un problème d’équilibre. En clair, les informations transmises à votre cerveau, et plus particulièrement à votre oreille interne, sont perturbées par les mouvements du bateau.
Plusieurs symptômes découlent de ce dysfonctionnement : nausées et vomissements, sueurs, pâleur. La peur d’avoir le mal de mer stimule parfois sa venue, et enfin, retenez la règle des trois «F» qui augmentent les risques d’apparition : la faim, la fatigue, et le froid. A notez également que les mouvements lents, notamment lorsque le bateau est à l’arrêt, sont souvent les plus gênants.
Lutter contre le mal de mer doit commencer par une bonne prévention :
Il est important de bien s’habiller en fonction du temps (prévoyez toujours bottes et cirés, un vêtement chaud au cas où il y aurait du vent, vous seriez mouillé, etc.), de bien se positionner sur le bateau. La proue est la plus secouée par le tangage. La meilleure place est située au centre de gravité de l’embarcation. En situation de tempête ou de gros grain, il ne faut pas hésiter à s’attacher à un harnais. S’allonger afin de réduire au maximum les mouvements qui sont à l’origine du malaise (mouvements de tête trop brusques). Ne pas voyager l’estomac vide mais éviter l’alcool et les aliments gras. Boire sucré de temps en temps au cours du voyage, et éviter les atmosphères confinées mais ne pas avoir froid, et si possible, ne pas penser au malaise.
Petits conseils utiles :
Une fois en mer, un certain nombre d’attitudes sont à éviter, comme rester assis, aller à l’avant, rester à l’intérieur, prendre des excitants comme le café, ou encore lire. Ne regardez jamais la mer par un hublot, une image mobile encadrée par une image fixe causerait immédiatement le mal de mer.
A noter :
Ne pas perdre de vue que les ennemis du plaisancier sont le froid, l’humidité, la fatigue, la faim, et le manque de sommeil.
Après le mal de mer, le mal de terre :
Ce dernier aspect un peu particulier, que l’on appelle « mal de terre », survient lors du débarquement des individus, parfaitement accoutumés aux mouvements du bateau. Après arrêt brutal des afférences sensorielles escomptées par les centres cérébraux, apparaissent des sensations vertigineuses larvées, associées parfois à des troubles de la marche, le plus souvent de brève durée.
Les traitements contre le mal de mer existent :
A commencer par le régulateur pour l’oreille interne, à prendre avant le départ, les antivomitifs et antinauséeux (attention aux effets secondaires), certains antihistaminiques (lire les contres indications), les bracelets anti mal de mer, (agissant par pression sur des points d’acupuncture précis), manger des bananes (calme les aigreurs), ou mâcher du chewing-gum. Si ces remèdes ne fonctionnent pas, parlez-en à votre médecin.
Côté homéopathie :
Demandez de la “cocuuline” ou du “nausetum”. Il existe aussi un médicament sous forme de patch, la scopolamine, qui se place quelques heures avant le départ derrière l’oreille.
Le plus connu, et certainement le plus efficace :
Il n’y a pas de pilule miracle contre le mal de mer. Les plus efficaces sont les antihistaminiques à base de cinnarizine, une substance utilisée par la Nasa pour prévenir le mal de l’espace. Ce traitement n’est plus commercialisé en France, mais il est vendu dans les pays limitrophes sous le nom de Stugeron.
Côté innovation : Les lunettes anti-mal de mer.
Une société a mis au point un dispositif médical breveté appelé « Boarding Rings », littéralement « anneaux d’embarquement », apporte à la vue, le mouvement de la fonction de l’équilibre. Peu esthétique, mais efficace, ce sont des anneaux transparents contenant un liquide coloré. Fixés sur une paire de lunettes neutres, ophtalmiques ou filtrantes, ils informent la rétine des accélérations réelles.
Cette perception procède quasiment comme l’oreille interne et permet de remédier à la cinétose ou de s’en prémunir. Et, contrairement aux apparences, ces anneaux ne sont pas un simple gadget : ils intègrent la vision du mouvement à la fonction de l’équilibre.
C’est une sorte d’oreille interne visible, agissant sur la fonction visuelle périphérique dédiée au sens du mouvement, en apportant des informations de gravité et de diverses accélérations concordantes avec l’oreille interne, et sans gêner la vision centrale, volontaire.
Pour une bonne efficacité, ils doivent équiper un ou deux yeux et être disposés perpendiculairement dans les sens frontal et sagittal (de face et de profil).
Prix d’une paire de lunette “Boarding Rings” : environ 45 euros avec les anneaux, étui, etc.
Vidéo Franck Dubosc, à bord d’un voilier, a le mal de mer.
A savoir :
La cinétose (ou naupathie), ou mal des transports, est l’ensemble des troubles provoqués chez certains sujets par un voyage en bateau, en voiture, en train, en avion, et toucherait plus de 3 millions de personnes en France, dont de nombreux enfants.
A découvrir :
Jean-Yves Chauve (spécialiste de la médecine de mer) auteur d’ Urgences à bord, aux Éditions Voiles et voiliers, sous forme de livre, ou de DVD.
Retrouvez l’article original Mal des transports « les remèdes contre le mal de mer », sur Pratique.fr dont voici le lien : http://www.pratique.fr









pourquoi ne parlez-vous pas des “boarding ring” dans votre article?
@runH2O.Simplement parce que nous attendions une vidéo présentant ce procédé innovant (que nous n’avons toujours pas reçue), et qui devait paraître simultanément en complément de l’article « Le mal de mer : une réaction naturelle qui se soigne ». En effet, persuadés que les lunettes BOARDING RING® (traduction littérale : “anneaux d’embarquement”), sont une réelle solution, efficace, et approuvée contre le mal de mer, nous avons décidé suite à votre question, de glisser un encart (faute de mieux), dans l’article cité ci-dessus. Une question tout de même : Qui osera porter ces lunettes ? Merci pour votre intervention. Portez vous bien. Alain Sheller.