Actualité dimanche (15 heures) :
Le bilan humain est particulièrement élevé, effectivement : trois morts au Portugal, trois morts en Espagne, mais c’est la France qui paye le plus lourd tribut puisque la tempête qui a balayé le littoral atlantique avant de remonter vers le nord, a fait au moins quatorze morts et des dizaines de blessés.
Ajoutée à la violence du vent, c’est l’eau qui a fait le plus de dégâts.
En effet, la tempête Xynthia aurait fait au moins 18 morts (Dimanche 17 heures) selon un bilan encore provisoire de la Sécurité civile, et continuait dimanche 28 février de balayer la France. Météo France a annoncé la fin de l’alerte orange pour 13 départements et le maintien de la vigilance pour 44 autres. Après avoir traversé cette nuit la péninsule ibérique et l’ouest de la France, la tempête se dirigeait vers le nord du pays, où l’on attend des rafales jusqu’à 130 km/heure. C’est la plus violente tempête depuis celle de 1999.
Cinq décès ont été confirmés pour le seul secteur de la Vendée dans l’ouest, où les vents violents, conjugués à une marée de fort coefficient, ont entraîné des inondations.

La mer a franchi les digues de protection, les dégâts provoqués par cet événement sont considérables.
Le témoignage de Monsieur Ronald Bochin, le responsable opérationnel de la protection civile pour la région de La Rochelle :
« Dans notre secteur ça a commencé à 100-120 et après on a eu des pointes jusqu’à 150, voire 200 à certains endroits. Les vagues étaient fortes, puisque ça correspondait à un coefficient de 102 en même temps, donc ça a fait que ça a dépassé les cotes d’alerte. Et donc, le centre de La Rochelle, le port, ont été inondés… »
Cela fait longtemps qu’il n’y a pas eu une tempête aussi forte en France : « Depuis celle de 1999… Au niveau des vents, c’était peut-être un peu plus fort et plus soutenu en 1999… Mais là, il y a eu des remontées d’eau plus importantes. »
Près d’un million de personnes en France sont actuellement privées d’électricité. Le centre dépressionnaire se situait à la mi-journée vers le Pas de Calais, la tempête devrait quitter le pays en fin d’après midi.
Une réunion d’urgence a été organisée à Matignon :
Le premier ministre, François Fillon, présidera une réunion d’urgence, dimanche à 17 h 30, pour faire le point après le passage de la tempête. Nicolas Darkozy a demandé au gouvernement “d’agir sans attendre pour que les mesures de solidarité nationale puissent intervenir dans les meilleures délais au profit des populations et collectivités sinistrés”.
Vidéo présentation JT de l’une des plus violentes tempêtes.
A savoir :
La mairie de La Rochelle précise dans son communiqué : “tous les quais du Vieux-Port et les rues adjacentes, le quartier du Gabut et la Zone artisanale des Minimes ont été entièrement submergés. Dans le même temps la mer franchissait les digues de protection du Port de plaisance. Les dégâts provoqués par cet événement sont considérables. L’activité des entreprises de la zone des Minimes.
Malheureusement le bilan des victimes risque de s’alourdir ce soir, et enfin, près de 500.000 foyers étaient privés d’électricité à 18h sur le territoire, dont 150.000 dans les régions Auvergne, Centre et Limousin, selon ERDF (Electricité Réseau Distribution France) contre plus de 870.000 à la mi-journée. Le littoral atlantique a subi les coups les plus rudes, à l’instar des tempêtes de 1999 qui firent près de 90 morts dans le pays.
Vidéo ampleurs des dégâts, La Rochelle (Port des Minimes), Aytre…
Suite à l’actualité du dimanche 28 mars 2010 :
Malgré toutes les précautions, dont l’alerte lancée par Météo France samedi dernier, la tempête Xynthia a fait 48 morts, notamment en Vendée et en Charente-Maritime. Le président Nicolas Sarkozy s’est rendu sur place lundi 1er mars et le premier ministre François Fillon a évoqué une «catastrophe nationale».
Bilan du port des Minimes à la Rochelle : 10 bateaux coulés, plus de 200 autres endommagés, et le port serait détruit à 50%.





Ce qui est surprenant, ce sont ces zones construites derrière des digues. Le risque zéro n’existant pas, il était bien à prévoir qu’une inondation mortelle pouvait se produire. Comment se fait-il qu’on accorde de tels permis de construire ? Il faut par ailleurs saluer la dilligence des secours et des accueils efficaces. On ne peut pas avoir tout à la minute, il faut reconnaitre que les interventions des secouristes ont fait leur maximum. Il faut espérer qu’il y aura un bon soutien psychologique pour ces personnes surprises par l’eau dans leur sommeil, ce qui doit être assez traumatisant.
@ perruque rousse. Bonjour. C’est un sentiment que beaucoup de personnes partagent. Ce qu’il faut savoir. Créé par le Gouvernement de Laurent Fabius, La « Loi Littorale » visant à encadrer l’aménagement de la côte pour la protéger des excès de la spéculation immobilière, a été votée à l’unanimité par le Parlement français en 1986 et est entrée en vigueur le 3 janvier 1986. Mais comme toujours, des groupes d’intérêts hostiles à la loi tentent par tous les moyens, politiques ou économiques, et cela depuis des années, de faire passer, sous couvert de rééquilibrage, une remise en cause de cet acquis essentiel qu’est le droit pour tous à des espaces préservés et non privatisés / bétonnés. Les gouvernements successifs ont tous significativement augmenté la lutte contre les constructions abusives et les pollutions diffuses d’origine terrestre, mais il serait urgent, afin d’éviter de telles catastrophes, et souhaitable que l’ensemble des Plans d’Occupation des Sols ou Plans Locaux d’Urbanisme des villes et des communes littorales Française soient revus et mis en conformité avec la loi.
A noter, l’importance des achats du Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres qui a pu en 24 ans acquérir 128 200 hectares, soit plus de 1000 km de rivages, et 600 sites naturels.
La catastrophe de ce week-end nous démontre encore une fois, tout l’intérêt à faire appliquer les mesures mises en places et entrées en vigueur depuis 1986.
Merci pour votre commentaire.
Portez vous bien. Alain Sheller
Il ne faut pas confondre construction au bord de la mer et construction dans un cuvette derrière une digue ! Voilà le problème… ll y a des constructions en bord de mer qui ne seront jamais inondées… comme en Corse ou dans la banlieue de Sydney au haut de falaise…Le problème en Vendée et les charentes, ce sont ces requins de l’immobilier qui vous vendent n’importe quoi sans principe de précaution. De plus, des incompétents qui décident de quoi , de comment doit être une maison dans un endroit, c’est nul ! Peut-être des maisons sur pilotis sur de bonnes fondations auraient été plus intelligents avec vue sur la mer imprenable mais bon… ce sont encore les mêmes qui vont toucher les indemnités pour continuer à être inondé… et puis ne pas oublier que la mer aura toujours sont dernier mot.
Bon courage à ceux qui auront les pieds dans l’eau bien longtemps… comme ceux qui attendent encore de la tempête de 1999.
PS : les lois ne servent à rien, quand tu as l’argent et les copains qui vont bien, tu fais ce que tu veux !
Fallait-il construire dans cette zone inondable ? fallait-il donner autant de pouvoir aux maires littoraux en matière d’urbanisme( le maire nous avait autorisé , phrase entendue l’année dernière ici après l’annulation du PLU!) ?fallait-il changer la loi ?
Pour exemple, le maire d’une des communes de vendée , s’était opposé à la préfecture quant à la construction d’un lotissement en zone inondable … La Faute sur mer , puisqu’il s’agit d’elle , porte bien son nom .Ce maire ne semble pas se remettre en cause
les communes des Pays-bas vendent aujourd hui des (lots d eau )ou sont construites des maisons flottantes voir le prototype conçu par ABC Arkenbouw .Une idée qui change dans la mentalités et cela change des habitants qui vivent sur des péniches.
@christophe67. Bonsoir. Effectivement, et pour cause, les Pays-Bas sont particulièrement concernés par la montée du niveau des eaux, provoquée par le changement climatique. Une étude de l’Organisation de Coopération et Développement Économique (OCDE) montre que les dix villes les plus menacées d’un point de vue économique par la montée des eaux se trouvent aux Pays-Bas, aux États-Unis et au Japon. Les Pays-Bas, pour ne citer qu’eux, adoptent une philosophie que je trouve intéressante : ils préfèrent apprivoiser les phénomènes climatiques, plutôt que de les combattre. Pour cela, les architectes rivalisent d’ingéniosité pour décliner ce concept sous différentes formes, avec comme objectif principal le respect de l’environnement. De la « maison-bateau autonome », équipée de panneaux solaires et d’un système de recyclage des eaux usées à la « maison amphibie » construite sur le sol mais capable de s’élever au rythme de la montée des eaux tout en restant connectée à la terre pour son alimentation en électricité et son accès aux égouts, les projets se multiplient dans le pays…. Merci pour votre commentaire.
Cordialement. Alain Sheller