
Pétrole absorbé, récupéré et stocké à bord d'un navire. Photo by Petty Officer 3rd Class Patrick Kelley.
Le pétrole de la marée noire, qui souille le Golfe du Mexique, menaçait les marécages de la Louisiane jeudi après avoir atteint les côtes, pour la première fois, depuis que la plateforme de forage pétrolière, opérée par BP, a explosé, il y a maintenant un mois, faisant craindre une catastrophe écologique.
Le Gouverneur de la Louisiane, Bibby Jindal, a déclaré mercredi 19 mai, que du pétrole dense, et non simplement des petites boulettes de pétrole, était entré dans les zones humides de l’Etat, et que “le jour que nous avons tous redouté” était arrivé.
Steven Wereley, un professeur d’ingénierie mécanique à l’université Purdue, a fait sa propre estimation du volume de pétrole qui se déverse dans la mer : grâce à une vidéo de la fuite, mise en ligne par BP, il a calculé la vitesse d’écoulement. Il obtient un résultat 10 à 14 fois supérieur aux 800 000 litres quotidiens annoncés par BP et les autorités américaines.
La solution temporaire permettrait d’ aspirer 320.000 litres de pétrole par jour.
Après l’échec du “couvercle” collecteur de pétrole, qui devait endiguer la fuite, puis canaliser le pétrole grâce à un tube relié à un bateau, et en attendant une solution définitive , un tuyau a été mis en place le 17 mai dernier, et permet actuellement de siphonner près de 2000 barils, sur les 5000 qui s’échappent du puits, selon les estimations de BP. Cette solution n’est que temporaire. Pour boucher le puits, BP doit forer dedans et y injecter des produits empêchant le brut de s’écouler. La mise en place de ce système pourrait prendre jusqu’à trois mois.
Vidéo : Marée noire aux Etats-Unis : BP accusée de négligence.
A savoir :
Selon un spécialiste de l’environnement, si la marée noire atteint les côtes, “la nappe commencera par toucher les crustacés, les parcs d’huitres et les poissons”. Elle menacerait également un écosystème fragile composé de nombreux oiseaux aquatiques.
BP (British Petroleum), négligence et mauvaise foi :
Mardi 18 mai, la compagnie déclare, dans un communiqué, que l’impact de la marée noire sur l’environnement serait “très modeste”. Cependant, la nappe de pétrole est aussi vaste que plusieurs départements français, et menace de détruire la barrière de corail, située au sud de la Floride -la troisième au monde. Tony Hayward, le directeur général du groupe, avait dit vendredi 14 mai que la fuite était “minuscule” en proportion de l’immensité de l’océan!
Un document datant de février 2009, rédigé par BP, assurait que la société pouvait maîtriser une éventuelle fuite de pétrole. La preuve du contraire vient d’être faite durant les trois semaines écoulées…
Source reportage vidéo : http://videos.tf1






